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LE COBAYE
LE COBAYE DE RACE
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Présents : Samuel Boucher (collège juges), André Espérou (collège juges), Thierry Mourey (collège juges), Bernard Giraud (collège éleveurs), Patrice Morgallet (collège éleveurs)
Excusé : David Baggs (collège éleveurs),
Invités présents : Eddy Mayeur, Guillaume Vigneron, Patrick Chauvelot, Henri Buisson
Invité excusé : Jean Alibert
Premier point : demande d'homologation du curly
Patrick Chauvelot en est l’initiateur. Il a envoyé à la Commission un projet de standard et nous décrit le Curly comme « un lunkarya à poils courts, sans mèche, au poil rêche mais pas raide, frisé, dense, volumineux». Il nous informe que les souches allemandes ont un poil plus ou moins long, sans favori ni frange. Les poils doivent être de plus de 4 cm et l’animal possède 2 rosettes sur la croupe.
La commission accepte à l’unanimité de démarrer une procédure d’homologation de cette race potentielle mais informe M. Chauvelot, vue la description faite de la race, qu’il est possible que l’animal qu’il nous décrit ne soit autre qu’un Teddy Suisse à rosettes. La commission demande donc des photos dans un premier temps et expertisera les sujets présentés aux expositions durant les 3 années à venir. Châteaudun et/ou Salomée sont les deux prochaines expositions proposées pour l’expertise. La race mérite sa place dans le standard indéniablement mais il est possible qu’au final le nom de Curly soit transformé à l’instar des poils longs à rosettes en « Teddy suisse à rosettes ». Cette race est donc prise en compte pour la procédure d’homologation sous la houlette du chef de file M. Chauvelot. La Commission invite donc les éleveurs à se rapprocher de lui.
Deuxième point : l'homologation du lunkarya
Guillaume Vigneron fait le point sur le lunkarya en deuxième année d’homologation. Suite à l’intéressante formation technique qu’il nous a produite cet été lors de la journée de formation des éleveurs et des élèves-juges, il rappelle que le souhait des éleveurs est de classer les lunkaryas dans la catégorie des poils longs. La densité doit être très forte et c’est une des caractéristiques majeures de cette race. Toutes les couleurs sont souhaitées admises.
Troisième point : le rex et le teddy
Le président de la Commission a souhaité qu’il soit fait état des races Rex et Teddy. En effet, tant sur Internet que désormais dans les expositions, on voit apparaître des dénominations de plus en plus fantaisistes qui amènent souvent les juges à éliminer des sujets exposés sous un nom « exotique ». C’est dommage selon lui car certains sujets sont de bonne facture. Un long débat s’ensuit. Les membres de la commission constatent que le rex ou le Teddy américain – souvent dénommé également US Teddy - (à poils légèrement plus longs), s’il est avéré qu’ils ont des gènes différents pour coder pour l’expression du poil dressé, sont d’apparence très proche phénotypiquement. Or, un juge a pour tâche de classer des animaux sur leur seule apparence. On constate par ailleurs que notre façon française de mesurer les poils des rex (moyenne des longueurs prises sur le nez, le dos, la croupe) est une bonne manière, partagée par les anglo-saxons, mais qu’eux même procèdent auparavant au grooming qui réduit la longueur des poils en retirant les poils recteurs de la fourrure. Après plusieurs années de mesures, on est en droit de dire que la taille de 13 mm pour la longueur est trop faible, les bons sujets se situant dans notre méthode de jugement vers 15 mm. Aussi, afin de pouvoir juger les Rex et les Teddies américains en France, une modification des standards des Rex est proposée :
Le Teddy suisse en revanche est homologué en France. Son standard sera celui du pays d’origine. C’est un rex à poils longs d’environ 5 à 6 cm de long. Le ventre des petits a généralement les poils bouclés ce qui peut disparaître sur un adulte.
Quatrième point : l'UPL doré à oeil noir
La catégorie UPL s’enrichit d’une nouvelle couleur : le doré à œil noir. Ainsi le standard devient : « la couleur est d’un riche orangé de la base à la pointe des poils. Les yeux sont noirs ou roses. Les oreilles, la plante des pieds et les ongles sont pigmentés de couleur claire uniformément. Dans les défauts éliminatoires, on ajoute peau noire ou rose» afin de bien différencier les dorés des rouges ou même des fauves. On rappelle qu’il n’est pas fait de différence entre un œil rouge ou un œil rose, ce quelle que soit la race.
Cinquième point : UPL ardoise (slate)
On admet également le cobaye unicolore « ardoise » (slate en anglais). Il a la couleur d’un jeune lilas et se décolore peu ou pas en vieillissant. Cela correspond à notre ancien « gris-rose » mais il a en revanche un œil foncé (parfois à reflets rubis). La description de cette robe est la suivante : « la couleur est d’un bleu ardoisé – lilas foncé – sans reflet havane ou roux, les oreilles, la plante des pieds et les ongles sont le plus foncé possibles, les yeux sont noirs à reflets rubis possibles. Défaut léger : oreilles un peu rosées, couleur du manteau un peu trop claire. Défauts éliminatoires : œil rose, peau trop claire, reflets roux ou havane sur la fourrure ».
Sixième point : l'abyssinien satin
Un débat s’établit ensuite sur l’abyssinien satin et il est décidé de poursuivre sa non homologation sachant que la satinisation amincit le poil et le rend plus souple ce qui est antinomique avec le caractère « poils durs » de l’abyssinien. Mais on va ajouter dans les défauts légers « fourrure satinisée » pour laisser place à d’éventuels candidats qui pourraient présenter des abyssiniens satins aux poils durs. Il en va de même pour les rex où des sujets peuvent être proposés au jugement pour peu que les poils soient vraiment durs. La satinisation devient un défaut léger n’éliminant pas l’animal.
Septième point : les feux
On acceptera désormais des feux avec une couleur crème des poils à la place du feu. La couleur recherchée est intense et telle qu’elle est définie chez les UPL crème (c’est une couleur tendre, pure et uniforme sans couleur cuivrée ou citron. La base des poils légèrement plus claire est autorisée). La Commission rappelle qu’il ne faut pas les croiser avec des feux. Le tableau du recueil des standards devient donc :
Couleur principale du manteau |
Couleur du ventre et des marques (tour des yeux, menton, dessus des oreilles) |
Appellation |
| Noir | Feu (rouge atténué) | Feu noir |
| Havane | Feu (rouge atténué) | Feu havane |
| Lilas | Feu (rouge atténué) | Feu lilas |
| Noir | Crème | Crème et noir |
| Havane | Crème | Crème et havane |
| Lilas | Crème | Crème et lilas |
| Noir | Blanc | Noir et blanc |
| Havane | Blanc | Havane et blanc |
| Lilas | Blanc | Lilas et blanc |
EN PAGE ARCHIVES, VOUS TROUVEREZ LE COMPTE RENDU DE LA RÉUNION DE LA COMMISSION DES STANDARDS DU 19 OCTOBRE 2006 QUI S'EST TENUE À NEVERS.
François LEBAS (chercheur honoraire à l’INRA) a écrit sur le site de CUNICULTURE un intéressant article concernant un de nos sympathisants : le Dr Boussarie. Pour ceux qui sont intéressés par ce livre, disponible chez l’auteur, nous leur conseillons lors de leur commande de se présenter de la part de l’ANEC.
L'ATLAS de Dentisterie du lapin de Compagnie a été publié en 2010 par les Dr Didier Boussarie et Franck Rival aux éditions Vetnac. Cet ouvrage broché au format 17 x 24 cm comporte 143 pages très fortement illustrées (plus de 400 photos et une quarantaine de schémas) .C'est un guide pratique qui s'adresse aux vétérinaires confrontés à la dentisterie du lapin de compagnie dans leur exercice quotidien.
Il fournit des informations précises sur les particularités bucco-dentaires du lapin de compagnie aux plans anatomique et physiologique. Il fournit surtout une information complète et actualisée sur les principales affections touchant la bouche et les dents, et sur les possibilités et techniques de traitement.
Ainsi les 24 pages du chapitre 1 sont consacrées aux bases anatomiques et physiologiques: position zoologique - éléments d'anatomie bucco-dentaire - alimentation, dynamique bucco-dentaire et mode de vie. Les 20 pages du chapitre 2 sont consacrées à l'examen du lapin: commémoratifs - matériel de consultation - méthodes de contention - examen général - fiche dentaire - examens complémentaires. Le chapitre 3 comporte 48 pages consacrées à la description des affections bucco-dentaires: malocclusion dentaire (des incisives comme des molaires et prémolaires) - abcès bucco-dentaires - affections secondaires aux maladies bucco-dentaires (maladies et troubles engendrés par un problème bucco-dentaire initial) - autres affections bucco-dentaires. Enfin le chapitre 4, avec 32 pages est consacré au traitement qui est presque toujours de type chirurgical : matériel chirurgical nécessaire - traitement chirurgical proprement dit (analgésie et anesthésie, malocclusion des incisives et des dents jugales, abcès et autres pathologies) - traitement médical associé. En fin d'ouvrage il y a deux tableaux consacrés aux principaux produits analgésiques et anesthésiques utilisables et aux principaux médicaments anti-infectieux utilisables dans les affections bucco-dentaires. Enfin un glossaire de 3 pages donne la définition des principaux termes techniques spécialisés utilisés dans l'ouvrage.
Chez le lapin la formule dentaire définitive est I2/1 - C0/0 - PM 3/2 - M 3/3 Les différentes méthodes utilisables pour désigner les dents sont résumées sur la figure 1. A la naissance le lapereau a déjà ses incisives définitives. Les prémolaires seront remplacées vers 3-4 semaines. La dentition définitive est ainsi acquise vers 3 à 5 semaines au plus tard.
Toutes les dents des lapins sont à croissance continue, aussi bien les incisives que les molaires et prémolaires. Par exemple la croissance des incisives supérieure est de 2 mm par semaine et celle des incisives inférieures de 2,4 mm par semaine. Celle des dents jugales (prémolaires et molaires) est nettement moins forte : environ 2 mm par mois. Pour permettre cette croissance continue, les dents ont une "racine" creuse partant du bourgeon dentaire profond. La cavité est occupée par la pulpe dentaire abondante qui va presque jusqu'à l'extrémité externe de la dent. La longueur de la partie "buccale " de chaque dent (visible dans la bouche) est beaucoup plus faible que sa partie gingivale (incluse dans la gencive). Cette caractéristique est bien visible sur la radiographie de la figure 2
Bien que tout type ou race de lapin puisse être utilisé comme animal de compagnie, dans la très grande majorité des cas les lapins de compagnie sont des lapins nains issus du lapin blanc "Polonais" dit aussi 'Hermine". Ces lapins de petit format (autour de 1,0 kg pour les nains de couleur et 1,4-1,7 kg pour les lapins béliers nains) sont caractérisés par un raccourcissement de la face et une assez forte consanguinité. Cette dernière est la conséquence de la recherche de pelages de couleurs aussi variées que possible à partir d'un petit nombre d'individus.
Ces deux caractéristiques font que les lapins de compagnie ont souvent des problèmes d'alignement des dents (malocclusion) d'origine congénitale, souvent aggravés par une alimentation inadaptée. La croissance des dents étant continue quoi qu'il se passe, il s'en suit des problèmes de croissance anormale des dents et d'abcès buccaux dans tous les cas où le lapin ne peut pas user correctement ses dents. Ceci explique que les problèmes bucaux-dentaires soient une cause fréquente de consultation vétérinaire pour les lapins de compagnie.
Dans le chapitre consacré à la relation entre l'alimentation et les problèmes bucco-dentaire les auteurs insistent sur les avantages qu'il y a à donner du foin en permanence aux lapins de compagnie. Ils rendent l'alimentation "à base de granulés" responsable d'une grande partie des troubles, comme si tous les aliments granulés du commerce avaient la même composition et faisaient l'objet de la même attention de la part de ceux qui les fabriquent. Une tournée rapide dans les animaleries montre clairement que beaucoup d'aliments commercialisés en France pour les lapins de compagnie (mais pas tous) sont par exemple nettement déficients en fibres; la proposition de "friandises" pour lapins de compagnie souvent à base de céréales et titrant moins de 7% de cellulose brute ne peut qu'aggraver le situation de manque de fibre.
En outre et contrairement à ce qui se passe pour les aliments pour lapins de production, dans la majorité des aliments pour lapins de compagnie il n'y a pas d'apport spécifique de vitamine D pourtant nécessaire au métabolisme calcique . Une étude très récente de Ricci et collaborateurs montre que les aliments italiens pour lapin de compagnie étudiés sont presque tous trop concentrés en protéines et en énergie mais sont carencés en phosphore et beaucoup le sont en calcium (Ricci R., Sartori A., Plagiano C. et Dalle Zotte A., 2010. Study of the nutrient adequacy of feeds for pet rabbits available in the Italian market. World Rabbit Science, 18, 131-137). Il semble bien que la situation soit assez similaire en France d'après les Dr Boussaire et Rival. Dans ces conditions, il est normal de trouver par exemple une perturbation du métabolisme minéral qui va nécessairement avoir des répercussions sur la croissance des dents et l'éat des os qui les soutiennent. Fournir un complément de fourrages fibreux verts ou secs au lapin de compagnie est donc une bonne recommandation, au moins tant que les aliments granulés ne seront pas correctement équilibrés. Un bon foin apportera des fibres, du calcium et de la vitamine D.
Les affections bucco-dentaires qui amènent un propriétaire de lapin de compagnie à consulter un vétérinaire sont essentiellement des cas de malocclusion (= dents longues) ou d'abcès de la face. En effet, du fait de la croissance continue des dents et donc de leur renouvellement continu, les caries sont très rares chez le lapin. A ces cas il faut ajouter certaines affections oculaires dues à la remontée des bactéries de la base des dents infectées vers l'oeil en passant par le canal lacrymal. En effet, celui-ci relie le sac lacrymal de l'oeil et la cavité nasale mais en passant très près de la base des racines des incisives supérieures puis de celles des prémolaires supérieures.
Les problèmes bucco-dentaires d'un lapin peuvent être très apparents comme dans le cas d'une malocclusion des incisives, les dents sortant de la bouche. Dans d'autres cas, il est utile, voire nécessaire, de faire appel à la radiographie pour diagnostiquer correctement le problème, en particulier pour les malocclusions des dents jugales.
Pour pouvoir poser un diagnostic correct et proposer au propriétaire un traitement adapté au cas de son lapin de compagnie, le praticien aura besoin d'en savoir le plus possible sur cet animal et son passé, ce que l'on appelle les commémoratifs. Il est ainsi souhaitable que le propriétaire puisse indiquer
Les problèmes de malocclusion non traités entraînent pour l'animal une difficulté à s'alimenter. La conséquence est alors un amaigrissement suivi d'une prostration qui alerte rapidement le propriétaire attentif.
Les abcès bucco-dentaires ou dento-alvéolaires sont fréquents chez le lapin de compagnie et toujours associés à une infection de la racine d'une ou plusieurs dents. Ils sont le plus souvent consécutifs à une pénétration puis à une élongation des racines dentaires dans le tissus osseux cortical. Ces abcès bucco-dentaires sont le plus souvent non douloureux. Ils ne s'accompagnent pas d'anorexie dans la mesure où ils n'affectent que peu la préhension et la mastication des aliments, et ils ne génèrent pas d'hyperthermie sauf dans le cas d'entéropathie par stase cæcale associée. Ils sont la plupart du temps asymptomatiques et à moins d'une découverte fortuite passent inaperçus jusqu'à l'apparition d'une tuméfaction qui inquiète le propriétaire et motive la consultation.
A l'attention des praticiens, les conditions de l'examen général et surtout de l'examen bucco-dantaire sont listées, commentées et illustrées. Dans la majorité des cas et surtout pour l'observation des problèmes touchant les molaires et prémolaires une anesthésie générale du lapin est conseillée pour une observation efficace. Elle est indispensable si le praticien compte faire une observation par endoscopie. Par contre il est conseillé de faire l'examen général sur l'animal vigile, ses réaction pouvant fournire des informations utiles.
Si une radiographie est nécessaire celle-ci peut se faire sur le lapin vigile s'il est calme et coopératif et si le praticien a une grande expérience. Une sédation ou une anesthésie flash sont toutefois le plus généralement préférables et permettent d'améliorer la qualité de l'observation grâce à un bon positionnement de l'animal.
Nous ne présenterons pas ici les différentes techniques de traitement. Très globalement on peut en retenir que les malocclusions incisives accidentelles peuvent généralement être traitées tout en préservant les dents, mais que dans un très grand nombre de cas l'extraction d'une ou plusieurs dents est nécessaire. Les abcès sont le plus généralement une conséquence des pathologies dentaires sous-jacentes. L'abcès éventuel doit être excisé et disséqué dans sa totalité, en gardant en mémoire que seule la gestion complète des problèmes dentaires sera à même d'éviter les récidives. Le traitement complet de l'ensemble des problèmes nécessitera le plus généralement plusieurs interventions.
L'ATLAS de Dentisterie du lapin de Compagnie (ISBN : 978-2-917389-01-0)
peut être commandé auprès du Dr Didier Boussarie
3 rue du Clos - 02000 MONAMPTEUIL
prix : 60 Euros + 5 Euros pour le port en France
(chèque à l'ordre du Dr Boussarie Didier)